Un bilan décennal et une orientation vers les technologies de rupture
En dix ans d’existence, Casablanca Smart City s’est positionné comme le principal hub de réflexion sur l’urbanisme technologique en Afrique. Selon les données consolidées par l’organisateur Casablanca Events & Animation, l’événement a rassemblé plus de 42 000 participants, 685 exposants et 661 intervenants depuis son lancement en 2016. Des délégations issues de 181 villes mondiales y ont partagé leurs expertises.
Pour cette édition anniversaire, le programme scientifique se structure autour de quatre piliers thématiques majeurs :
- L’innovation digitale et la jeunesse, centrée sur l’insertion des compétences tech locales.
- L’innovation et le dynamisme économique, visant l’attractivité des investissements.
- La culture et le sport comme leviers de transformation urbaine, pour moderniser l’animation territoriale.
- La mobilité et la qualité de vie, répondant aux défis de la congestion urbaine.
L’introduction de la « Smart City Augmentée » formalise une transition technologique. Il ne s’agit plus seulement de connecter des infrastructures, mais d’exploiter les données massives et la modélisation prédictive (jumeaux numériques) pour optimiser les politiques publiques, la gestion des ressources hydrauliques et énergétiques, et la participation citoyenne.
L’agenda 2025-2030 : le catalyseur des infrastructures métropolitaines
Le timing de cette 10ᵉ édition coïncide avec une phase d’accélération des chantiers d’infrastructure au Maroc. L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et la préparation de la Coupe du Monde 2030 constituent des obligations de mise à niveau rapide pour la ville de Casablanca. Ces grands événements sportifs imposent une modernisation des systèmes de transport, de la gestion des flux de personnes, de la sécurité publique et de la connectivité réseau.
Cette dynamique s’aligne directement avec les orientations de la stratégie nationale « Maroc Digital », qui vise à digitaliser les services publics et à dynamiser l’écosystème des start-ups locales. L’intégration de Casablanca, dès 2015, au réseau d’excellence de l’IEEE Smart City Initiative — une première pour une ville africaine — sert de socle réglementaire et technique à ces transformations. La métropole utilise ces échéances internationales comme des leviers de croissance pour tester en conditions réelles des solutions de Mobility as a Service (MaaS) et de gestion intelligente de l’espace public.
Les retombées pour l’écosystème start-up et l’investissement Tech
Pour l’écosystème entrepreneurial marocain, Casablanca Smart City 2026 fait office de place de marché. Le site du Sacré-Cœur abritera un « Village Startups » et accueillera le Smart City Hackathon, un dispositif de compétition technologique destiné à faire émerger des solutions locales face aux défis de la municipalité. Les secteurs de la SportTech, de la PropTech (technologie immobilière) et de la Greentech (économie circulaire et transition écologique) seront particulièrement ciblés par les investisseurs (fonds de capital-risque et Business Angels) présents.
Les enjeux économiques sont directs : permettre aux jeunes pousses marocaines de décrocher des marchés de gré à gré ou des partenariats publics-privés (PPP) avec la Ville de Casablanca et ses entreprises de développement local (EDL). En connectant la recherche universitaire, le capital-risque et la commande publique, l’événement cherche à structurer une filière industrielle de l’innovation urbaine, capable d’exporter son savoir-faire vers d’autres marchés du continent africain.
Les conclusions issues des panels et des ateliers des 10 et 11 juin feront l’objet d’une feuille de route pour les futurs déploiements technologiques de la métropole. Les observateurs de l’écosystème suivront avec attention la concrétisation des projets issus du hackathon, ainsi que les signatures de conventions attendues entre Casablanca Events & Animation, les start-ups sélectionnées et les partenaires institutionnels, à l’approche de l’ouverture des grands chantiers de transport connectés prévus pour la fin de l’année.